Editorial
Accents internationaux pour nouvelle législature
de Laurent Wehrli, Vice-président de l'ASPE | Août 2019
Les relations internationales sont importantes pour la Suisse. Notre pays est lié aux autres, que ce soit nos voisins proches de l’Union européenne ou des nations plus éloignées géographiquement mais aux forts échanges économiques. C’est dire combien la politique extérieure est une part essentielle des thèmes principaux à traiter durant la prochaine législature.

Si au cours de la législature qui se termine cet automne 2019, les sujets ayant des incidences sur nos relations internationales furent nombreux, nul doute que cela continuera avec la prochaine ! Parmi les thèmes importants, notons-en six dans cet article.

La poursuite des accords bilatéraux avec l’Union européenne et leur évolution, notamment au travers d’un Accord cadre portant sur les cinq accords liés à l’accès réciproque aux marchés, est absolument essentielle pour notre pays, son économie et ses emplois en Suisse. Après tant de négociations, il conviendra de finaliser un tel Accord et de le mettre en œuvre. Si non les accords bilatéraux perdront de leur intérêt et surtout de leur actualité pour l’économie et surtout les centres de production placés en Suisse. Il ne s’agit aucunement de faire un chantage « à l’emploi », mais simplement reconnaître que si une entreprise qui fabrique en Suisse rencontre des difficultés pour vendre dans un marché de quelque 550 millions d’habitants, elle décidera alors de déménager dans un des Etats membres de l’Union européenne. Maintenir la voie bilatérale et assurer nos si importantes relations avec nos voisins de l’Union européenne, il conviendra également de combattre l’initiative UDC qui vise la suppression de la libre circulation des travailleurs entre l’Union européenne et la Suisse.

La négociation et la ratification de nouveaux accords de libre-échange, ainsi que l’actualisation d’anciens, devient ou redevient un sujet important pour la Suisse. La Suisse a réussi ainsi ces dernières années à réaliser un tel accord avec la Chine. Des propositions sont actuellement dans un processus avancé, comme avec l’Indonésie, ou dans ses débuts, avec les USA. Si on ne doit pas négliger ce type d’accord, notamment dans cette époque qui voit le multilatéralisme être attaqué de multiples parts, il s’agira surtout d’en assurer les cohérences avec les autres formes d’accords internationaux liant notre pays, comme par exemple l’Accord de Paris sur le climat.

La place de la Genève internationale est importante pour l’ONU et pour la Suisse. Elle offre en effet à notre pays une place reconnue dans la diplomatie internationale. La Suisse doit donc poursuivre les efforts de rénovation et d’engagement renouvelé qui ont été initiés ces dernières années. Cela passera notamment par la candidature à un siège non permanent du Conseil de sécurité. Une telle opportunité ne pourra que renforcer la reconnaissance de notre capacité de médiation et de bons offices. Il s’agira ici de soutenir ces développements.

Quatrième thème, les Suisses de l’étranger. Ils sont près de 800'000, soit le dixième de la Suisse, et pourtant ils sont souvent considérés au Parlement comme un non sujet. Et pourtant ils ont des besoins particuliers : possibilité de maintenir un compte bancaire ou postal en Suisse, mettre en œuvre le vote électronique vu les lenteurs des systèmes postaux dans certains pays, faciliter les contributions volontaires à l’AVS en regard notamment des mobilités professionnelles accrues.

L’aide au développement : essentielle
La Suisse doit par ailleurs continuer d’agir en faveur des populations dans le besoin, déplacées, en migration. Cela fait partie de ses valeurs. Et ces valeurs doivent conduire nos engagements notamment au travers de notre aide au développement. Le but est clairement de pouvoir aider les gens à retrouver ainsi de l’espoir et les moyens de leurs autonomies personnelle et professionnelle, donc aussi économique et financière. L’aide au développement doit régulièrement être revue, afin d’apporter l’aide la plus adéquate aux populations et dans les endroits du monde qui en ont le plus besoin. C’est l’objectif du Département des affaires étrangères (DFAE) qui a lancé en été 2019 une consultation au sujet du nouveau programme pluriannuel fixant les objectifs de cette aide.

Cette question de l’adéquation des structures et objectifs avec les besoins a aussi conduit à la réflexion « AVIS28 » au sein du DFAE. Si les détails de l’organisation relèvent évidemment du département, voire du Conseil fédéral, le Parlement y est associé ne fût-ce que par les décisions budgétaires. La question de l’importance du réseau se posera sans aucun doute. Certes, comme l’a rappelé récemment un rapport sur les ambassades et consulats, la Suisse dispose d’un des réseaux le plus développé. Mais ce réseau est lié à notre neutralité et notre absence volontaire des grandes alliances. Par ailleurs, en regard de notre politique de bons offices, la densité de notre réseau nous assure une plus grande capacité de réponses adaptées.
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