Editorial
Un oui clair pour la coopération internationale
von Laurent Wehrli, Vice-président de l'ASPE | Juni 2020
La Stratégie de coopération internationale 2021-2024 a été votée par le Conseil national le 15 juin 2020 par 140 oui contre 53 non. Elle est clairement volontariste et vise à fixer des objectifs précis pour l’aide humanitaire et la coopération au développement de la Suisse.

Rappelons ici que le message présenté par la Conseil fédéral, sur proposition du Conseiller fédéral Ignazio Cassis, en charge du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a fait l’objet – et c’était une première – d’une procédure de consultation facultative, permettant aux divers acteurs et milieux concernés de s’associer étroitement à la réflexion et de faire part de leur avis expérimentés.

Les tentatives de refuser l’entrée en matière ou de renvoyer le dossier au Conseil fédéral n’ont pas été acceptée. La majorité du Conseil a en effet estimé que d’autant plus en période de crise il est important que la Suisse – patrie de la Croix-Rouge et de nombreuses autres institutions internationales – poursuive ses engagements en faveur des plus pauvres et de celles et ceux qui souffrent plus directement de problèmes sécuritaires, économiques, sanitaires ou liés aux évolutions du climat.

Cette Stratégie comprend les principes généraux suivants :
- une mise en œuvre selon les trois instruments que sont : l’aide humanitaire, la coopération au développement et la promotion de la paix,
- des engagements pris pour la défense de l’état de droit et la paix,
- des accents déclinés sur la création d’emplois décents, la lutte contre les changements climatiques, une réduction des causes de la migration irrégulière et du déplacement forcé, et,
- des critères retenus des besoins des populations des pays en développement, des intérêts de la Suisse et de la valeur ajoutée des projets en comparaison internationale.

Les moyens s’approchent 0,5 % du PNB
La Stratégie vise à fixer des objectifs précis pour l’aide humanitaire et la coopération au développement de la Suisse. Les moyens financiers proposés par le Conseil fédéral et finalement votés par la majorité du Conseil national sont en phase avec les orientations proposées. Certes, ces moyens n’atteignent pas encore totalement la cible de 0,5% du PNB voulue par le Parlement en 2011, mais ils s’en approchent. Evidemment, les conséquences économiques de la pandémie du coronavirus auront certainement des conséquences en la matière. Il s’agira d’y être particulièrement attentif ces prochains mois et années.

La focalisation d’actions dans quatre régions prioritaires, en particulier l’Afrique, zone de proximité de la Suisse et de l’Europe est apparue comme intéressante et utile dans le contexte international actuel. Mais il faut cependant ne pas oublier ce qui a été investi en appuis humains et financiers dans d’autres régions devenues moins prioritaires. Cela ne doit pas pour autant être « abandonné ».

La participation active de la Suisse à des programmes internationaux, par exemple du CICR ou de l’ONU, ainsi que la poursuite de certains programmes spécifiques du Département de l’économie et de la formation (DEFR) devraient permettre de continuer globalement nos actions précédentes dans ces zones et de poursuivre les objectifs fixés, certes de manière plus multilatérale et non plus complètement bilatérale. Cette question devra encore faire l’objet de suivis et d’évaluation, notamment pour l’aide humanitaire comme celle déployée ces dernières années à Haïti ou à Cuba.

Le Conseil national a aussi appuyé la volonté de collaborer plus étroitement avec les milieux privés, ceci dans un cadre fixé et orienté bien entendu sur les objectifs généraux et particuliers de la Coopération internationale de la Confédération. De tels partenariats sont à même de renforcer la qualité des actions menées, tant par les compétences ainsi complétées que par les fonds complémentaires attribués. Comme confirmé en Commission par le Conseiller fédéral et la Directrice de la DDC, ces partenariats seront analysés, évalués et suivis, comme d’ailleurs les autres actions de la coopération internationale.

Bon pour la planète et pour notre pays
Finalement, certaines critiques se sont fait jour sur le côté par trop orienté « en faveur de la Suisse ». Certes, le Conseil fédéral le détaille dans son message. Mais parce que justement la paix et le développement dans certains pays, tout spécialement les plus pauvres, et la mise en œuvre de concepts en faveur du développement durable, des objectifs 2030 de l’ONU et de la préservation du climat concourent justement à l’amélioration de la situation des populations et des zones géographiques concernées, in fine d’un résultat utile pour l’ensemble de la planète et donc de notre pays. Une bonne communication sur cette réalité ne peut qu’aider à renforcer l’adhésion de la population suisse aux actions de la coopération internationale. La Stratégie récemment votée par le Conseil fédéral y contribue par toutes les aides prévues là où elles sont nécessaires pour une vie améliorée de tant de populations.
Editorial
Zwanghafter Exzeptionalismus als Strategie?
von Rudolf Wyder | August 2020
Längst Bekanntes noch und noch erklären (und anhören) zu müssen, ist bemühend. Und doch geht es nicht ohne.
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